Imprimerie d'emballages à Perros (le Télégramme le 7 avril 1994)

Ouest-Pack double sa surface
Le transformateur d'emballages Ouest-Pack, qui emploie 22 salariés à Perros-Guirec,achève cette semaine ses travaux d'agrandissement. Après cinq ans d'existence, l'usine fait plus que doubler de surface. Dans un marché de l'agro-alimentaire pour le moins secoué, la jeune entreprise a su tirer son épingle du jeu et afficher, pour l'exercice 92-93, un taux de croissance de 65 %.

Capacité de stockage, sécurité accrue , nouvelle unité de contre-collage :
l' agrandissement des locaux ouvre pour Ouest-Pack de nouvelles perspectives.

Jean-François Perrault, Pdg de 31 ans, n'imaginait pas un succès aussi rapide, au moment de la création de son entreprise en 1989." Ingénieur en électronique, j'avais suivi deux ans de maîtrise en administration au Canada : beaucoup de vocabulaire et de concepts, peu d'expérience. J'ai démarré avec deux salariés et aujourd'hui, nous avons peine à faire face à la demande ".Ouest-Pack occupe, aux côtés d'une quarantaine d'entreprises en France, un créneau particulier dans le marché de l'emballage. " Ici on ne fabrique rien, on transforme ". Les bobines de film plastique et l'encre arrivent de multinationales pétrochimiques. L'usine perrosienne se contente de les imprimer et de les découper. Puis on les envoie, brutes, aux entreprises alimentaires, où elles seront conditionnées sous forme de sachets.
Deux mois de stocks
" Les biscuiteries constituent 70 % de notre clientèle et près de 80 % de notre chiffre d'affaires, mais nous tendons à nous diversifier : avec les emballages de surgélation, de salades préparées, de plats frais cuisinés et même, pour 5 %, de produits hors-alimentaire : les films pour éponges, savons, bougies et pâte à modeler. " Ouest-Pack utilise deux procédés d'impression : la flexographie pour les traits et les illustrations symboliques, et l'héliogravure, délicate mais plus précise et durable, qui permet de reproduire des photos. La particularité de l'usine perrosienne ? " On vend du mouton à cinq pattes, sourit Jean-François Perrault. Nos concurrentes sont des filiales de grands groupes comme Elf-Aquitaine ou Carnaud-Métalbox : des structures qui comptent entre 40 et 200 salariés. " Sa légèreté autorise Ouest Pack à quelques extravagances : les autres produisent beaucoup mais ne stockent pratiquement pas. " Nous, si. Nous possédons deux mois d'approvisionnement. C'est pourquoi nous avons des délais de livraison très courts : 48 heures s'il le faut, au lieu des 6 à 10 semaines habituelles ailleurs ".
Contre-collage
Les stocks, c'est bien joli, mais ça prend de la place. C'est pourquoi l'usine a décidé de doubler sa surface. Cette semaine, les 1.100 m² initiaux s'enrichissent pour 2 MF de travaux, de 1.200 nouveaux m², auxquels s'ajoutent deux annexes de 50 ml chacune. " Il était temps. Le bâtiment était plein à craquer, ce qui pesait sur notre productivité. Lors du 4 ème exercice, il nous manquait déjà 500 m² pour fonctionner de façon rationnelle. Je nous donne 700 m² supplémentaires pour grossir notre part de marché ". Un défi pour l'entreprise, qui a tourné à un taux de 65 % de croissance pour l'exercice 92-93, au lieu de 10 à 20 % budgétés. " Nous avons dû cesser toute prospection depuis le mois d'octobre, par crainte d'être dépassés. S'adapter coûte cher. Sur 18 MF de chiffre d'affaires, nous n'avons réalisé que 3 % de bénéfices ".  Les locaux flambant neufs devraient permettre d'accroître la capacité de stockage et la sécurité (les produits inflammables seront rangés à l'écart). Côté encriers, des machines à laver automatiques vont remplacer le nettoyage à la main. Mais les plus grands espoirs reposent sur l'arrivée d'une ligne de contre-collage, pour couler de l'encre entre deux couches de plastique. " Ce qu'on appelle les films complexes utilisés pour les paquets de chips par exemple. Jusqu'ici, nous sous-traitions en région parisienne. Rapatrier la production chez nous permettra plus de souplesse ". La promesse de futurs emplois ? Jusqu'à ce jour, Jean-François Perrault a embauché quatre à cinq personnes par an. Tous d'anciens chômeurs.
Valérie Cudennec




Spécialiste de l'emballage (le Telegramme le 10 mars 1999)
Ouest-Pack renforce son pack
Présente au Carrefour de fournisseurs de l'industrie agro-alimentaire de Rennes, qui se déroulait du 3 au 5 mars, l'entreprise perrosienne Ouest- Pack représentait pour la première fois un regroupement de quatre entreprises spécialisées dans l'emballage. Associée à Emballage Technologie, Ouest Pack s'ouvre sur le marché national et l'exporte.



Jean-François Perrault, PDG de Ouest-Pack,
au carrefour des fournisseurs de l'industrie agro-
alimentaire de Rennes la semaine derniere.

" Notre participation au CFIA est très positive. Nous avons eu le droit à des coupures sur FR3 et M6 ", se félicite Jean-François Perrault, directeur général de Ouest-Pack. La jeune entreprise perrosienne, reconnue pour son dynamisme, poursuit sa conquête des marchés. Bien que s'identifiant toujours très fortement à la région, l'entreprise de Jean-Francois Perrault alliée à celle du quimpérois Jean-René Nabat, " Emballage technologique ", vient de reprendre une nouvelle entreprise qui lui permet de toucher le territoire national et même d'exporter.
Les moules en métaux Létang
Après Tamain emballage, intégrée au groupe en 1995, c'est au tour de Létang fils d'être reprise (décembre 98). Etablie à Nanterres depuis 1832, cette entreprise fait valoir son savoir-faire dans la fabrication de moules à base de métaux destinés aux métiers de la bouche et de l'industrie. " Létang possède un patrimoine extraordinaire. Nous les surnommons les " orfèvres en la matière ", indique Jean-François Perrault. L'entreprise travaille actuellement avec six salariés et réalise un chiffre d'1,6 MF. " Notre objectif est de l'augmenter de 30 % en un an et surtout de retrouver des bénéfices ". Tout comme Tamain précédemment, Létang Fils va être relocalisé sur Coray. " Quand nous avons repris Tamain en 95, l'entreprise lyonnaise comptait deux salariés et atteignait les 1,8 MF de chiffre d'affaires. Trois ans plus tard, elle fonctionne avec 15 salariés et dégage 1 0 MF de chiffre ", analyse Jean-François Perrault qui compte bien rééditer cette performance avec Létang.
" De la valeur ajoutée perrosienne "
" L'arrivée de cette entreprise dans notre groupe donne un nouvel élan à Ouest-Pack. C'est de la valeur ajoutée perrosienne si j'ose dire ", continue le Pdg. " Avec ces deux entreprises, nous possédons à ce jour un portefeuille complet qui nous ouvre de nouveaux espaces commerciaux, l'ensemble du territoire national et l'export vers l'Afrique du Sud par exemple ", précise-t-il. L'acquisition ne s'est pas faite au hasard : " Ce sont nos clients qui nous ont parlé de ces deux entreprises de qualité ".Avec l'extension de sa gamme des produits (transformation de films d'emballage souples pour l'industrie agro-alimentaire, caissettes et contenants en papier alimentaire pliés ou plissés, machines et lignes de conditionnement, moules en métaux) et l'ouverture de nouveaux marchés, Ouest Pack, en partenariat avec Emballage Technologie, n'a pas fini de faire parler d'elle sur le marché des emballages. Sa présence a du reste été très remarquée au parc des expositions de Rennes.


(VIVRE A PERROS N° 42 printemps 92)
De la rubrique : " Vie quotidienne "
Entrevue avec Jean-Françoîs Perrault,
de la société Ouest-Pack

Q. : Pourquoi avoir choisi Perros-Guirec, connaissiez-vous notre commune avant de vous y installer ? Qu'est-ce qui vous a amené à Perros-Guirec ?
Je connais Perros-Guirec depuis mon enfance, et avais gardé de cette station des souvenirs de vacances et d'amitié. La commune de Perros-Guirec est située sur un site exceptionnel et présente de plus les avantages d'une ville dont la vie ne s'arrête pas après la saison estivale. Lorsque le choix d'une implantation de l'unité qui allait devenir Ouest-Pack s'est posé, ce sont ces souvenirs qui ont prévalu. J'y ai depuis trouvé d'autres raisons qui ont conforté mon intuition.


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Q. : Où étiez-vous auparavant?
J'étais à Montréal, au Canada, ville où j'avais étudié en ingénierie électronique d'abord et en administration des affaires par la suite. J'y ai travaillé durant six ans dans l'enseignement informatique, dans la fonction commerciale, et en temps qu'ingénieur.

Q . : Vous êtes désormais installé depuis plus de deux ans sur la zoned'activités, avez-vous des contacts avec les autres entre- prises impatantées ? Vous êtes- vous bien intégré ?
Cela fait deux ans et demi que nous travaillons sur la zone d'activités, et entretenons de bonnes relations avec la plupart des entreprises qui y sont implantées. Bien entendu, chaque entrepreneur de la zone a des sociétés prenantes, et nous avons surtout approfondi nos liens avec les sociétés avec les- quelles nous avons des échanges professionnels. Au-delà des limites de la zone d'activités, nous nous sommes surtout attachés à réussir notre intégration au niveau de la commune et du Trégor. Nous poursuivons des relations (mécanique, électricité, électronique ... ), prestataires de services (informatique, entretien, montage ... ), dont la proximité d'une petite unité de production telle que Ouest-Pack. Notre philosophie se résume par une volonté de privilégier les entreprises locales ; pourquoi prendre des prestataires extra-régionaux alors que l'on rencontre les mêmes services à notre porte.

Q. : Quelle est votre activité ?
Notre activité est celle d'un transformateur de films d'emballage souple, et se résume de façon simpliste au stockage de très grosses bobines de films plastiques, à leur découpage et leur impression, afin de livrer à nos clients de petites bobines à leur sigles pour conditionner leurs productions.Nos approvisionnements se font auprès des grands groupes pétroliers et chimiques européens tels Mobil, Rhône-Poulenc, I.C.I…, et notre clientèle est composée de PME qui conditionnent leurs produits sous films souples de façon automatique. Nous sommes le maillon qui relie les deux bouts de la chaîne. A titre d'exemple, lorsque vous faites l'acquisition en supermarché d'une barquette de biscuits bretons, il y a une chance sur quatre pour que son emballage ait été imprimé à Perros-Guirec.

Q. : Vos clients potentiels sont-ils de la région, ou travaillez-vous pour toute la France, voire l'étranger?
Notre clientèle potentielle est l'ensemble des entreprises qui emballent de façon automatique leurs produits en sortie de chaîne de fabrication. Toutefois de par nos équipements, nous sommes surtout axés sur le marché des PME de l'agroalimentaire qui produisent pour la grande distribution. Je prospecte ce marché au niveau "Grand-Ouest' : Bretagne, Pays de Loire, Cotentin, Normandie, Anjou et plus occasionnellement jusqu'à la Sologne et la Vendée. Si, d'autre part, nous avons des clients ailleurs en France (Alsace, Nord, Vallée du Rhône, Pyrénées...) c’est grâce au bouche à oreille de certains de nos clients satisfaits, et à la chance.

Q. : Comme nous pouvons le voir sur le plan, vous êtes une des plus importantes entreprises de la zone ; en quelques chiffres pouvez-vous nous présenter Ouest-Pack ?
Ouest-Pack est une entreprise en croissance, tel que l'illustrent les chiffres suivants : (voir le tableau suivant)


1989 1990 1991
Effectifs (salariés) 3 9 12
Nb. de clients réguliers 25 40 60
Chiffres d'affaire 4 8 10MF(prév.)
Surface developpée 1.050m²


Q. : Avec quelle équipe travaillez-vous ?
Notre équipe est celle d'une entreprise dynamique : jeune et volontaire. Tous les membres ont été recrutés dans la région, et plus de la moitié réside dans un rayon de 5km. La formation de chacun s’est effectué sur le tas et auprès de fournisseurs avec lesquels nous entretenons des relations d’affaires.



Q. : Sans être devin, comment voyez-vous l’avenir de votre entreprise d’abord, de cette zone d’activité dans un second temps ?
Nos objectifs sont doubles, d'une part un développement pondéré dans l'esprit artisanal qui fait notre succès auprès de la clientèle régionale, et d'autre part un renforcement de la pénétration sur notre marché en confortant les positions acquises. Par ailleurs , nous souhaitons à la zone d'activités un développement dans la continuité: mesuré et de qualité.

Q.:Certains ont reproché à la zone d'être mai placée, peu signalée,hors des axes à grande circulation,qu'en pensez-vous ?
Notre zone ne présente pas d'atouts commerciaux et elle n'a probablement pas été conçue pour en avoir.Au regard des activités artisanales ou de production son emplacement est très convenable : il est discret, dans un environnement à faible densité, où les nuisances inhérentes aux activités de fabrications (passage de camions, bruit ...) n'affectent pas les résidents. Quant à son éloignement des axes à grande circulation, il est hérité de la situation de la commune, et c'est probablement ce qui en préserve le site. Cependant, il serait peut-être souhaitable d'en flécher l'accès depuis l'aéroport de Lannion, tant pour faciliter les recherches des visiteurs extérieurs que pour éviter la traversée du centre-ville par des camions de livraison.

Q.: Cette zone a quand même quelques avantages, pouvez-vous nous en citer quelques-uns ?
Les principaux avantages de cette zone sont d’être une zone d’activités à part entière (et non une zone commerciale) et d’avoir bien été conçue pour cela.

Q.: En matière de tourisme, Perros-Guirec est porteur. En est-il de même en matière économique ?
Oui, la notoriété de Perros-Guirec a des retombées positives sur l’image de notre entreprise. Nos clients situent facilement notre implantation et nous rendent visite avec plaisir. Cependant, certains ont parfois de la peine à concevoir que l'on puisse mener une activité de production efficace dans un tel site.

Q. : On parle beaucoup, depuis deux ans, de communication interne et externe. Par quels moyens votre entreprise communique ?
Notre communication est élémentaire... A l'interne, la communication est informelle et directe.A l'extérieur, la seule communication que nous ayons passe par nos visites régulières de la clientèle, et de la prospection directe.

Q. : Revenons à l’avenir. Pour attirer encore quelques entreprises, que faut-il faire, vers qui se tourner ?
Je pense que, pour séduire d’autres entrepreneurs, ce n’est pas la zone d’activités qu’il faut promouvoir mais qu’il convient de présenter des atouts de Perros-Guirec : notoriété, cadre de vie privilégié… La zone d’activités s’imposera ensuite naturellement comme le lieu adapté pour recevoir toute l’entreprise de fabrication attirée par notre ville.